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Les pouvoirs des huiles essentielles

Une huile essentielle c’est quoi ?

Avant d’en savoir plus sur les pouvoirs des huiles essentielles il est bon d’en connaître l’essence.

Une huile essentielle selon la commission de la pharmacopée Européenne, est un produit odorant, généralement de composition complexe, obtenu à partir d’une matière première végétale botaniquement définie, soit par entraînement à la vapeur d’eau, soit par distillation sèche, soit par un procédé mécanique approprié sans chauffage. L’huile essentielle est le plus souvent séparée de la phase aqueuse par un procédé physique n’entraînant pas de changement significatif de sa composition.

Plus spécifiquement à l’aromathérapie, l’huile essentielle devient le produit résultant de la distillation à la vapeur d’eau ou hydrodistillation de l’essence végétale.

Les huiles essentielles ont un coefficient de concentration en principe actifs très élevé comparé à la teneur en essence dans le végétal d’origine. Ce qui donne les nombreuses propriétés de ces huiles mais qui en explique le prix. A titre d’exemple, il faudrait entre 4 000 et 10 000k de pétales de rose pour obtenir un kilo d’essence pure.

Les huiles essentielles ne comportent pas de substances dites « utiles » comme les polyphénols ou polysaccharides mais certaines molécules volatiles hyperactives en concentration parfois très élevé (ex : 80% d’eugénol dans l’H.E de clou de girofle) donnant des propriétés à l’huile essentielle bien différente de celle de la plante d’origine.

Une autre différence est le caractère hydrophobe de ces huiles, insolubles dans l’eau elles se dissolvent dans les graisses ce qui conditionnera leurs propriétés et leur toxicité éventuelle.

Enfin les huiles essentielles sont issues de plantes cultivées aux quatre coins de la planète ce qui leur confère une dimension peu écologique également en cause, l’eau utilisée pour leurs distillations.

Bienfaisantes ou toxiques ?

Il fut un temps ou les intoxications aux huiles essentielles étaient provoquées par l’abus des liqueurs d’Absinthe et d’Arquebuse contenant de nombreuses huiles essentielles, mais de nos jours elles sont dues à l’utilisation abusive la plupart du temps dans un but thérapeutique et quasi systématiquement en automédication.

Certes ce sont des produits naturels, mais comme nous le savon pourtant toutes les plantes ne sont pas bénéfiques pour l’homme et certaines sont dangereuse. Dans le cas des huiles essentielles, ce sont les nombreux composés chimiques qu’elles possèdent qui posent parfois problèmes.

Les huiles essentielles peuvent donc être convulsivantes (Absinthe, aneth, anis, badiane, carvi, fenouil…), stupéfiantes narcotiques (Angélique, anis, badiane, coriandre, eucalyptus, lavande …), phototoxique et irritant (Angélique, citron, cumin, laurier, orange…), abortives (Absinthe, rue, sabine, tanaisie, thuya), hépatotoxique (Muscade), néphrotoxiques (Eucalyptus, sabine, sassafras) entre autre, sans compter les nombreuses interactions médicamenteuses répertoriées ainsi que les effets synergétique dû à l’utilisation de plusieurs huiles simultanément.

En résumer, les huiles essentielles sont des produits puissants qui doivent être utilisés avec précautions même en diffusion, tenus hors de portée des enfants, qu’il est recommandé la seule voie cutanée en automédication dont les règles sont la dilution dans une huile végétale (en général au dixième), pas plus de deux applications par jour n’excédant pas 1 goutte par 10 kilos après avoir bien vérifié par une touche d’essaie d’une goutte au creux du coude qu’elles n’entrainent pas de réaction allergiques.

Il est donc vivement conseillé de consulter un professionnel avant toute utilisation en rappelant que selon l’ANSM, une huile essentielle est considérée comme un médicament !

Quelques exemples de propriétés des huiles essentielles :

  1. Le linalol appartenant à la famille des terpènes retrouvé en quantité significative dans l’HE de Thymus vulgaris ct linalol ou dans celle de Lanvandula angustifolia, a une action bactéricide, virucide et fongicide.
  2. L’acide salicylique qui a donné l’« aspirine » présent dans l’écorce du Saule blanc ou le clou de girofle, est un anti-inflammatoire et antiagrégant plaquettaire.
  3. Le pinène aussi de la famille des terpènes (monoterpène), en quantité significative dans l’HE de pin et pin sylvestre est un anti-infectieux et expectorant.

La chimie des huiles essentielles est complexe, se composant parfois de centaines voire de milliers de molécules, ce qui explique leur action propre mais aussi catalytique et synergique.

A titre informatif l’on peut citer les propriétés reconnues par familles biochimiques (non exhaustive) :

  • Les hydrocarbures peuvent être anti-infectieux, expectorants, stimulants généraux, antalgiques à action percutanée et antiseptiques atmosphériques (Pinus pinaster, Pinus sylvestris, Ferula galbaniflua, Citrus limonum, Ledum groenlandicum, Thymus vulgaris ct thymol, Carum copticum…)
    • Les sesquiterpènes peuvent être anti-inflammatoires, analgésiques, spasmolytiques et parfois antiviraux (Piper nigrum, Mellissa officinalis, Humulus lupulus, Matricaria chamomilla, Zingiber officinalis…)
    • Les diterpènes peuvent être antioxydants ou mucolytiques (Achillea millefolium, Tanacetum parthenium, Matricaria chamomilla, Callitris intratropica…)
    • Les alcools terpéniques peuvent être bactéricides, virucides, antifongiques, immunostimulants, toniques généraux et neurotoniques (Lanvandula angustifolia, Aniba rosaeodora, Thymus vulgaris ct linalol, Mnarda punctata, Cymbopognon martinii, Mantha arvensis, Mentha piperata…)
    • Les sesquiterpénols peuvent être toniques, stimulants généraux, anti-inflammatoires (Matricaria chamomilla, Melaleuca quinquinervia ct nérolidol, Citrus aurantium var.amara, Daucus carota…)
    • Les diterpénols peuvent êtreont une forte action de terrain et hormone-like fréquente (Salvia sclarea…)
    • Les phénols peuvent être bactéricides, virucides, parasiticides, antifongiques mais sont aussi excitants, hypertenseurs, hyperthermisants, immunostimulants et dermocaustiques (Thymus vulgaris ct thymol, Origanum compactum ct thymol, Ajowan trachyspermum ammi, Satureja montana, satureja hortensis…)
  • Les aldéhydes
    • Aldéhydes cinnamiques peuvent être antibactériens et antifongiques à large spectre, antiviraux, tonique général, psychotonique léger, anti-inflammatoires, antalgique local léger (Cinnamomum zeylanicum, Cinnamomum cassia, Commiphora myrrha…)
    • Aldéhydes monoterpéniques peuvent être anti-inflammatoires, a=bactéricides légers, immunostimulants, sédatifs, calmants, relaxants et de puissants anticancéreux cutanés, hépatiques et coliques (Lippia citriodora, Lippia alba, mellissa officinalis, Cymbopognon sp, Eucalyptus citriodora, Cymbopognon winterianus…)
    • Aldéhydes sesquiterpéniques peuvent être des calmants du système nerveux central comme le « farnésal » contenu dans l’HE de fleurs d’oranger ou Néroli (Citrus aurantium var.amara)
  • Les acides peuvent être comme l’acide salicylique de puissants anti-inflammatoires et hypothermisants (Eugenia caryophyllata) ou antiseptique (Cinnamomum verum, Myroxylon balsamum)
  • Les esters peuvent être antispasmodiques, neurotropes, calmants et toniques et souvent anti-inflammatoires (Salvia sclarea, Gaultheria procumbens, Picea mariana, Helichrysum italicum…)
  • Les cétones peuvent être mucolytiques, lipolytiques, cicatrisantes, anti-inflammatoires, calmantes et parfois antivirales (Thuya occidentalis, Salvia officinalis, Rosmarinus officinalis camphoriferum, mentha pulegium…)
  • Les lactones peuvent être de puissants mucolytiques, antifongiques et immunosimmulants (Laurus nobilis, Myrtus communis, Nepeta cataria…)
  • Les coumarines peuvent être sédatives, hypotensives, anti-agrégantes, veinotoniques, lymphotoniques, spasmolytiques (Lavandula vera, Ammi visnaga, Citrus aurantium…)

On peut résumer à 12 grandes familles : les terpènes, les alcools, les aldéhydes, les carbures, les cétones, les coumarines, les esters, les éthers, les lactones, les oxydes, les phénols et enfin les phthalides, sans oublier que le lieu et la période de récolte de la plante d’origine changent aussi la composition finale de l’huile essentielle et donc ses propriétés.

Certaines huiles sont composées de plusieurs dizaines de composants chimiques voire plus, ce qui explique le caractère très variable et complexe de leurs utilisations, de même que les risques liés à leurs utilisations.

Pour toutes ces raisons ne pouvons que conseiller aux utilisateurs, la plus grande prudence et la consultation d’un professionnel.

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